Interview Rapha, le 12 avril 2008, Le Creusot.
Salut Creeping. Alors je me nomme Mercier Raphaël. Je suis né le 12.11.1970, à Château-Thierry, dans l’Aisne.
Comment es tu devenu batteur ?
Quand j’étais petit, ce que j’adorais que l’on me ramène comme jouet, c’était des tambours…bref toutes les choses sur lesquelles je pouvais taper.
Un peu plus tard, je devais avoir 8 ou 9 ans, et mon père m’a payé une batterie, après avoir vu un concert du grand orchestre du Splendid. Il s’agissait d’une Tama Royal Star platine (le même modèle que Black Sabbath).
J’ai pris des cours au début, pendant deux ans, à peu près. Ensuite, je suis entré dans un groupe. J’ai donc lâché les cours de batterie, que j’ai repris, de façon intensive, de 16 à 22 ans.
Quel est ton parcours musical, tes différents groupes ?
Il y en a eu pleins. Le tout premier s’appelait « Belfort », en hommage à Ronald Belford Scott (alias Bon Scott, premier chanteur d’AC/DC, décédé en 1980). J’avais 12-13 ans, et les autres gars du groupe avaient entre 18 et 20 ans. J’écoutais déjà AC/DC et Iron Maiden. Le guitariste, un jour de 1983, m’a fait découvrir Kill em All, le premier album de Metallica. Et là ce fût une belle claque !
Bref, Belford faisait du hard rock, chanté en français, avec des paroles traitant d’héroic-fantasy. Ce groupe m’a permis d’apprendre, et surtout de faire beaucoup de concerts. Pour un gamin de 12 ans, c’est vraiment cool. On jouait tout le week-end, et le lundi, quand il fallait retourner en cours, je n’étais pas très motivé.
Ensuite, j’ai évolué dans les rangs de Dream’s Concept. J’avais 15-16 ans. Là c’était beaucoup plus thrash.
Plus tard, j’ai rencontré un guitariste, Frédéric Petit, avec qui on a fondé Wearmind avec une ambiance à la Pantera, Slayer…
Avec ce groupe, j’ai fait mes premières dates à Paris. A la Locomotive, au Rex, au Gibus…
Et ensuite est arrivé Mass Hysteria !
Y’avait il déjà des musiciens dans ta famille ?
Si je me rappelle bien, ma mère jouait un peu d’orgue. Mon frère aussi, il me semble. S’il y en d’autres, je ne les connais pas.
Tes parents t’ont-ils toujours encouragé à poursuivre dans cette voie ?
Oui, à leur grand regret (rires). Les parents, tu sais comment ils sont. Quand il y a des bas, il ne fallait pas faire ça, et puis quand il y a des hauts, tout va bien.
Quels groupes écoutais tu à l’époque ?
Surtout AC/DC, Kiss, Motörhead, et Iron Maiden.
Quelles sont tes influences en tant que batteur ?
A la base, il y a Stewart Copeland (Police). J’adore ce qu’il fait, mais ça ne se ressent pas du tout dans mon jeu. J’aimais bien Peter Criss (Kiss), même si ce n’est pas un tueur. J’adore Tommy Lee (Motley Crüe) évidemment. Sinon, il y a Dave Lombardo (Slayer), Ian Paice (Deep Purple), John Bonham (Led Zeppelin), Phil Rudd (AC/DC), Vinnie Paul (Pantera).
Jusqu’à Master Of Puppets, j’ai aimé le jeu de Lars Ulrich (Metallica).
Quand et comment as-tu intégré les rangs de Mass Hysteria ?
C’était en 1995. Cela faisait un an déjà que le groupe existait. Yann venait souvent voir Wearmind, mon ancien groupe, en répét’. Un jour, ils ont eu envie de changer de batteur, et Yann a appellé, un soir, chez ma copine. Je n’étais pas là. Quand je suis rentré, elle m’a dit tel quel : « Il y a Yann de Mass Hysteria, qui a téléphoné pour dire que tu étais pris dans le groupe ». Je n’avais même pas fait d’audition !!
Il m’a donc envoyé la maquette. J’ai flashé. J’ai adoré direct, alors que je n’écoutais vraiment pas de groupes français, à l’époque. J’ai retrouvé, dans Mass, un petit côté à la Ministry, que j’aimais bien. J’avais envie de jouer avec des machines. Ça m’a donc plus direct. J’ai bossé toute la semaine sur la maquette.
A chaque fois que l’on répétait, il y avait trente personnes dans le local. Les gens tenaient à assister aux répét’. Ils devaient, sans doute, sentir qu’il se passait quelque chose.
Le premier concert, que j’ai fait avec le groupe, c’était à Rennes, à la Trinquette. C’était de la folie là-dedans. C’est un tout petit bar, qui était rempli ras la gueule ! Il y avait même encore du monde dehors.
Quel est le procédé de composition de Mass Hysteria ?
Pour le premier album, c’est surtout Pascal qui apportait les boucles, et on se greffait dessus. Depuis Contraddiction, c’est principalement Yann qui ramène des riffs, et on jamme tous ensemble.
Tous les albums du groupe sont assez différents musicalement. Y’en a-t-il un en particulier sur lequel tu as pris le plus ton pied, en studio ?
C’est clair que c’est Contraddiction. On venait de finir notre première vraie tournée. Avec Yann, un soir, on s’est dit « Tiens on devrait enregistrer avec Colin Richardson (Machine Head, Fear Factory, Carcass) ! ». Et par surprise, Colin flashe sur le groupe. Il vient nous voir à Paris pendant une semaine. On s’est directement bien entendu. On va donc enregistrer en Angleterre, dans un des meilleurs studios. On passe vraiment un mois de ouf !
On a superbement bien sympathisé avec Colin. Il faut savoir qu’il ne boit pas une goutte d’alcool. Et un jour, je lui dis de passer chez moi. Il est arrivé avec une bouteille de vin blanc, et on a passé tout l’aprèm à écouter du Black Sabbath. Moi dans le canapé, et lui allongé par terre. C’était vraiment cool !
Tout ça pour dire, que ce soit l’enregistrement de l’album, toute la tournée qui a suivi, et bien sur toutes les anecdotes qui vont avec, tout cela a été une bonne époque, vraiment mortelle !
Quel genre de morceaux préfèrent tu jouer en live ? (Calmes comme « la démesure », « remède », « Briller pour toi », ou plus énervés comme « contraddiction », « p4 »…)
Les deux. J’adore « Briller pour toi ». Ceux que j’aime le moins jouer, ce sont les morceaux de l’album noir.
Comment se passe la tournée actuelle ?
Très bien.
Comment réagissez vous face à l’annulation de certaines dates (comme Marseille récemment) ?
Marseille, ça m’emmerde, car c’est un peu une ville maudite pour nous. Et pourtant, lors de la tournée Contraddiction, on a joué au dôme, en première partie de Korn.
Il y a pleins de gens qui ont envie de nous voir là-bas. Et là, apparemment, le promoteur, sur place, ne voulait pas prendre de risques, car il a eu des galères ces derniers temps. Il a donc annulé la date. Mais je pense que l’on aurait pu faire un bon truc. Sinon, les marseillais qui veulent à tout prix nous voir, peuvent venir à Toulon, en mai.
Avez-vous des projets de tournée à l’étranger ?
On va sûrement retourner prochainement au Québec. On joue à Budapest en août. Cette date va être cool. Cela fait longtemps que j’ai envie d’aller à ce festival. Bon, ça va être l’usine. Il y a 20 scènes, 400 groupes… c’est fun d’y aller. En plus, on joue avec Messhugah.
Il devrait y avoir, également, quelques dates en Allemagne. Il y a des gens qui veulent aussi que l’on vienne jouer en Amérique du sud (Brésil, Argentine…), mais rien n’est joué encore.
Avez-vous déjà commencé à composer pour le prochain album ?
Pas vraiment non. Il y a 5 ou 6 riffs qui traînent, qui sont bien rentre-dedans. Je pense que le prochain album sera plus musclé qu’ Une Somme de Détails.
De toute façon, les radios et les télévisions s’en foutent complètement d’un groupe comme nous. On ne va pas adoucir le ton pour eux. On fait donc ce que l’on a envie de faire. On a retrouvé la gouache des débuts, l’envie de bourriner.
Concernant l’avenir du groupe, dans notre contrat actuel, il nous reste encore un album à sortir. On aimerait aussi sortir un vrai album live, pas un 09 titres comme le premier. Tant que l’on aura envie de continuer et que les gens voudront bien de nous, il y aura toujours des choses à faire.
Depuis quelques années, on parle de la sortie d’un dvd live de Mass Hysteria. Tous les fans attendent cela avec impatience. Aurais-tu quelques infos concernant ce dvd ?
Déjà, il n’y pas de date de sortie de prévue. Il y aura du live, c’est sur. On ne sait pas encore si ça sera un concert complet, ou plusieurs sources compilées.
Yann et moi, on voudrait bien le faire dans un esprit à la Cliff’em’All de Metallica. C'est-à-dire beaucoup d’archives, des images pourries de concert dans des salles où il n’y a personne, des bouts de concerts des eurockéennes…etc…etc….tu vois. Essayer d’établir un melting-pot de tout ça. A cela tu rajoutes des images de conneries backstage. Et autant te dire que ce genre d’images, on en a des kilomètres. (Rires). Ce n’est pas ça qui va manquer.
Et pourquoi pas voir d’autres groupes qui parlent de Mass, les fans qui témoignent à la fin des concerts…S’il y avait eu une équipe pour enregistrer le dernier show à l’élysée-montmartre, ça aurait été parfait. Tout roulait, que ce soit le son, les lights, les morceaux. Quand je vois le dvd du concert que l’on a fait dernièrement à Nantes, je le sortirai comme ça. Même pas mixé, à l’arrache !
Quel est ton rapport avec les fans ? Je sais que le groupe est assez proche de son public. C’est important pour toi de préserver ce contact ?
Nous aimons discuter avec tout le monde. Il n’y a pas de barrières entre les fans et le groupe, mise à part les barrières de sécu (rires). Nous ne sommes pas Metallica ou AC/DC. Nous pouvons encore approcher les gens sans se faire agresser. (Ndlr : Malgré son statut Metallica reste un groupe que l’on peut approcher par rapport à AC/DC).
Yann a un projet parallèle, Vicki Vale. Et toi, as-tu un projet annexe à Mass Hysteria ?
Oué, j’ai quelque chose, mais ça n’avance pas beaucoup. On doit avoir 3 minutes de musique en un an (rires). C’est avec un certain Stéphane B. Avant il jouait dans un groupe de death. Ça commence par « Loud » et ça finit par « Blast ». Il est producteur et il a beaucoup de boulot en ce moment. Donc dès qu’il aura terminé, on s’y remettra.
Penses tu avoir une influence sur de jeunes batteurs ?
Franchement, je n’en sais rien. Il y en a beaucoup qui me le disent, mais je ne m’en rends pas compte. Je ne me prends pas la tête à analyser ce que je vais jouer. Ce qui compte c’est que ça sonne, et que ça colle avec le groupe.
Tu es un fan invétéré de Kiss. Quand as –tu découvert ce groupe ?
En 1978, avec l’album Alive II. J’avais 08 ans.
Ton top 5 des morceaux de Kiss ?
1/ God of thunder.
2/ Shock me.
3/ War Machine.
4/ Deuce.
5/ Calling Dr.Love.
Quel est ton membre préféré et pourquoi ?
Gene Simmons, car il a une grande langue !! (Rires).
Tout le monde dit que c’est un mec qui est dur, que c’est un businessman. Je trouve qu’il a créé un beau personnage sur scène. C’est très théâtral. C’est une icône du rock.
Beaucoup disent que Kiss ne sait pas jouer. Mais je suis désolé, quand tu écoutes les parties de chant, les rythmes de basse, les voix à 4 façons Beatles, mais en version metal, ce n’est pas donné à tout le monde. Et puis j’estime qu’un groupe qui est là depuis 35 ans, il y a bien une raison. Ce n’est pas juste car ils sont maquillés. La musique parle d’elle-même. Je mets Kiss au même niveau que Black Sabbath et Led Zeppelin.
Y’a-t-il un morceau de Kiss qui résumerait bien ta vie ?
« God of Thunder ».
Le merchandising à outrance, du groupe, ne te choque t’il pas ? Ou au contraire cela t’amuse ?
Il y a des choses tellement kitsch que je trouve cela génial ! Et ce que je trouve encore plus génial, c’est qu’il y ait des mecs pour les acheter (rires). Je me limite seulement aux t-shirts et aux figurines. Eventuellement, mais ce n’est pas pour tout de suite, du moins je ne l’espère pas, il y a le cercueil Kiss à 24 000 dollars (rires). Je ne sais pas s’ils le feront encore quand ça sera mon tour.
Combien de fois les as-tu vu en concert ?
3 fois : zénith 88, zénith 96 et Bercy 99. J’attends avec impatience le concert du 17 juin prochain à bercy. J’aimerai bien les voir également à l’étranger. Je ne les ai jamais rencontré. Je ne suis pas trop du style à chercher à absolument rencontrer les groupes, mais je ne dirai pas non pour une belle photo avec Gene Simmons.
J’ai rencontré quelques personnes que j’appréciais sur scène, et je me suis rendu compte que c’était des trous du cul. Je ne donnerai pas de nom.
Parfois, il vaut donc mieux se limiter à ce qu’il se passe sur scène et ne pas trop savoir comment ils sont dans la vie de tous les jours.
Je sais que tu es un gros fan de Metallica aussi. Faire leur 1ere partie à Arras, le 14 août, ça serait cool, non ?
Ça serait absolument génial. Finir la tournée française, par ce concert, serait assez cool. Un peu comme lorsque l’on a fini la tournée Contraddiction avec Korn.
Concernant Metallica, on a déjà joué sur le même festival qu’eux (Eurockéenes de Belfort en 1999), mais pas sur la même scène.
Pour en revenir aux rencontres avec les groupes, s’il y a un mec qui doit être intéressant avec qui discuter, c’est James Hetfield. On aurait, je pense, 2 ou 3 points en commun.
Tu es également fan de Motley Crüe. Si Mass devait reprendre un des morceaux du combo de Los Angeles, lequel choisirais tu ?
Malheureusement, cela n’arrivera pas. Mais en restant dans l’imaginaire, je pense à Kickstart My Heart.
Vous avez repris, il y a quelques années Refuse/Resist de Sepultura. Aura-t-on le droit, dans l’avenir, à d’autres reprises ?
On en discute en ce moment. On a parlé de Prong, Pantera, peut-être Metallica. Enfin bref, on ne sait pas encore. En tout cas, ça sera du lourd, ou alors un morceau qui n’a rien à voir avec le metal, mais arrangé à la sauce Mass.
e dernier album de Down, Over The Under. Il est énorme. Je l’ai écouté toute la semaine. J’apprécie beaucoup aussi l’album de reprise de Ministry qui vient de sortir, Cover Up. Je réécoute les touts premiers ZZ TOP. Alive II évidemment de Kiss. Puisque je me prépare pour le concert de Bercy.
J’ai choppé en dvd Live After Death d’Iron Maiden. Il passe en boucle sur ma télé. C’est vraiment du bon. Et pour finir, j’écoute aussi Behemoth.
Quel est le dernier concert auquel tu ais assisté ?
C’était Down, dimanche dernier, au Bataclan. J’ai pris une grosse claque. Phil Anselmo était parfait. Ça joue grave. Les deux guitaristes sont des bestioles. Et puis il y avait une ambiance de ouf ! On sentait que la salle était remplie de fans.
Aurais tu un dernier mot à dire aux fans du groupe ?
Continuez à venir nous voir en concert, à nous soutenir. On essayera de continuer à foutre la furia, partout où l’on passe.
Interview réalisée par CREEPING DEATH
Photos prises par DAVID